L’île contenant
un vide.
Dans le vide, le chapiteau
vide.
Soudain le chapiteau s’emplit:
collégiennes en uniformes
crépitements de chips
applause, petits cris, petits bruits.
Le maire, l’élu, le conseillé sont ravis.
Les petites princesses aussi.
Il y a les boxeurs, et leurs entraîneurs – un paquet de bras en joie, de muscles en ribambelles.
Il y a Marc, Balzac et la patronne de l’hôtel dressée sur le gradin comme un grapefruit cocktail.
Il y a des bouteilles d’eau éparses, des papiers gras éventrés, des acrobates assommés.
Et, surtout, il y a la cousine de Vasil dans sa robe élastique.
Mollet en fleur, bouche en cœur, Katerina sourit:
“This is Malta“!
Bord de piste ou bord de mer : les méduses ont envahi l’atmosphère.
Ça pique de partout, les petits pois se cabossent, les lapins prennent la crosse et font des dérapages.
Pour Pâques en procession, méduses, public, politiques et artistes font le tour de l’île en catastrophe.
Le départ approche – Keti décroche – le ferry part,
démontage, apostrophe, ellipse, embarquement.
L’ambassadeur nous dit au revoir- Keti raccroche, gentiment.
La coupole flotte et dérive à la nage.
Reste une image : la window de Gozo, ouverte sur l’eau. Trouée dans le vide, percée du vent. Enfin, un espace-temps.
Il y a de l’amertume, dans le soulagement.


