Arpad is not DEAD !!!!
11/2009 chalons en champagne
Arpad is not DEAD !!!!
11/2009 chalons en champagne
Un film de Sophie Tavert issu du filage du 6 novembre
OFF
“-Ok Fragan, t’es chaud.
-Attends. Ah, c’est bon.
-Je vais faire un truc.
-Fais salto au moins.”
Matthieu crache dans un coin du chapiteau. Fragan détache sa corde, puis crache dans ses mains et monte.
Mât et corde se font face comme deux murs fins. La corde ondule et Matthieu, lui, s’adosse au mât, tranquille.
IN
“-Non mais laisse tomber Fragan, ça sert à rien de faire des efforts, elle ne bougera pas.
-C’est juste une question de temps.
-C’est pas une question, c’est un fait. Même moi elle ne m’a pas regardée
-Cela ne veut pas dire que moi, elle ne me regardera pas.
-Fragan, je vois que tes mains, elles sont faitguées, tu vas t’écraser et même ta mère, elle ne te reconnaîtra pas.”
OFF
Fragan descend et rigole, Arpad se frappe les mains, Matthieu sourit et boit de l’eau.
C’est ça. C’est ça. Cette scène, c’est ça. Un mec qui se marre et qui a peur parce qu’il n’est qu’une pulsion. Un autre qui parle et s’essouffle, continue de parler puis rassure. Et un mec hongrois qui regarde et qui participe à l’action.
IN
-”T’es con”
OFF
Il y a le centre de la piste et le centre de la lumière et le cercle au centre qui est la lumière et au centre de tous ces centres il y a deux phalus et trois hommes.
IN
“-T’es con
-Ce que tu fais c’est inutile et en plus tu vas t’écraser la gueule.”
OFF
Et Adèl, entre la corde molle et le mât dur, entre le français et le hongrois, entre voyelles et consonnes.
Elle dit “si si si”. C’est quelqu’un, Adèl. Adèl.
Petit portrait de dos: bonnet à pompon blanc. Jean. Pull tricot, cheveux lâchés, jambes croisées, stylo à la main. Ses épaules bougent. Ce qui frappe, c’est qu’elle a une main dans la poche et une main sur le papier. Et deux langues en bouche. Au même instant.
De trois quart maintenant, on voit l’arête de son nez. C’est une dame poupée qui aurait échappé à la poussière, par miracle. C’est une dame avec de grands yeux. Là, on ne les voit pas, on les devine. Mais ses yeux sont écarquillés comme piqués d’étoiles et surtout, ils sont doux et laissent le regard se dérouler, comme une pelote de laine.
Figurez-vous, le vent était tellement fort aujourd’hui, qu’il était impossible de monter dans la coupole, et le vent soufflait sur la scène la pluie et la poussière de la route. (Rémy s’est bien gaufré avec sa roue d’ailleurs.) C’était comme dans un bateau, comme Fragan me racontait ça ce matin dans le train. Il est allé sur l’océan, vous pigez ? Il disait que ce n’est pas le milieu qui est dangereux, mais le bord. On peut passer des mois au milieu de l’océan, sans problème. Le problème, c’est avec les rochers et dans les trois points graves (les Bermudes et deux autres). Là bas, le vent et l’eau se cognent sérieusement. Là-bas, il peut y avoir des vagues de cent mètres aussi. Une fois, il a fait la planche sur l’eau, au milieu de l’océan, et il y avait 5000 mètres sous lui, et un bleu que même Luc Besson n’a jamais vu. Mais il a eu peur, parce que 5000 mètres dans l’air c’est quand-même effrayant. Une fois, il y a une petite baleine qui a voyagé avec eux pendant trois jours, ils n’ont pas vu sa mère. Puis elle a disparu, pourtant jusque-là ils avaient joué ensemble. Fragan s’est accroché derrière le bateau, pour la faire revenir, mais rien. Ils n’ont pas vu de requins. C’était un autre type qui conduisait le bateau, son travail, c’est d’emmener des yachts du fabricant à l’acheteur, d’Eu à USA. Il prend toujours un jeune à ses côtés, c’est que comme ça qu’il peut dormir la nuit. Fragan me dit que tu peux dormir la nuit si le bateau est à toi, mais ça ne se fait pas avec celui des autres.
Voilà où on en est.
S.
Mennydörgés.
A gyomrommal megyek.
Súrolok.
Csúszok.
Kavocsok hasamban.
Hallok mindentt.
Vakarok.
Súrolok.
Súrlom az acélszelet.
Ritmizálom vérem.
Zajol. Fúj. Dörög. Vakar. Fúj. Csikorog. Kapaszkodik. Csend.
Vasnő.
Tonnerre.
Je marche avec mon ventre.
Je râpe.
Je glisse.
Des cailloux dans mon ventre.
J’entends tout.
Je gratte.
Je râpe.
Je râpe le vent d’acier.
Je rythme mon sang.
Bruisse. Siffle. Tonne. Gratte. Souffle. Grince. Croche. Silence.
Femme de fer.