Posts Tagged ‘français’

Prologues de Pécs

Sunday, July 25th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbits, du 23 au 25 juillet 2010


Matin


Le bel endormi il ouvre la fenêtre

je me tiens entre son rêve la fenêtre et le monde réel

je lui demande qui je suis

je lui demande d’où je viens

je veux pousser la fenêtre

il me répond que j’ai l’air triste sur la photo et il montre du doigt

quelque part à sa gauche

entre son rêve la fenêtre et le monde réel

Je pense souvent à cette fenêtre

je lui demande s’il pense que je suis une fenêtre

je lui demande d’où je viens et il me répond que je suis sa fenêtre que je suis ouverte et que je donne sur la rue

Il y a de concert entre nous comme une lente évolution du doute vers l’incertitude puis de l’incertitude vers le jour

Je veux pousser la fenêtre

je veux construire un autre monde

Non l’homme idéal n’est pas mort

non l’homme idéal n’est pas mort et la femme est comme un gros fruit mûr

prête au panier.

L’homme idéal n’est pas mort je l’ai rencontré

je l’ai rencontré, j’ai coupé mon corps

et je lui ai pris la main.

Il y du vent

Il y a du vent.  Les dieux sont en colère.

Mon père me dit: ”Il y a du vent. Les dieux sont en colère.”

Puis mon père me dit: “C’est une image.

Imagine dans les cieux (car les cieux sont comme les dieux, pluriels), Jupiter se met en colère et vocifère. Les nuages se déplacent et créent des courants d’air.

Mais en fait, ma cloche à pédales, les dieux n’existent pas.

Il n’y a personne là-haut. C’est vide. Enfin, pas complètement. Pas tout à fait. Il y a les nuages, il y a la pluie, il y a l’air, il y a le vent.

Mais les dieux n’existent pas.”

Ah.

Mon père me dit que ce n’est pas parce que les dieux n’existent pas qu’il ne faut pas se poser la question des dieux.

C’est à  dire: bien que je sâche avec ma raison qu’ils n’existent pas, qu’il n’y a rien là-haut, je peux quand même lever les yeux au ciel.

Bord de piste à Budapest

Friday, July 23rd, 2010 by Marion Colle

Etre arrosé de lumière

Cultivé à la manière d’une rose

I know how to say « infini » in your language.

*

Cet homme sur la piste

Cette femme là-haut

Cet homme là-haut

Cette femme sur la piste

Ces gens qui ne sont pas des inconnus.

*

Be aware mosquitos!

Dans le cirque en dur

Odeurs de fauve et de pop corn

Welcome people !

*

It is so exciting to perform here

In the cirque en dur

1889. Almost one hundred years before we were born.

I was 8– 100 years old.

8 ans – 100 ans.

C’était il y a longtemps.

*

(à l’ouvreuse)


Apparemment de profil

Les ombres ne donnent rien à voir d’elles

Elles fuient et deviennent plates.

*

Je remplis les pages – papier/crayon

Le cirque (en dur) se remplit- corps/fauteuil

Cela donne

Des bouffées de chaleur pour moi

Il fait de plus en plus chaud et le stress monte

Le bruit est de plus en plus semblable à celui d’une piscine ou d’une plage l’été.

Puis- ce sera le silence.

*

(To bath or not to bath)


A table on se demandait « être ou ne pas être »

Aux bains on ne se demandait plus rien

On avait mangé, on était bien, on faisait l’expérience de la noyade gelée,

Du jeté de sceau.

*

(La preuve de l’existence de Fragan)


Expérience existentielle : ce n’est pas un moment où on se sent exister, c’est un moment où on existe sans le sentir.

Par exemple :

-lancé du pneu

-la chute du pneu

-l’échec du lancé

-la preuve de l’existence du vide

L’absence du pneu en haut pendant qu’il choit / l’existence du pneu en bas avant qu’il n’arrive au sol.

Et Fragan

absent

présent

inexistant

et soudain dans les airs

dans le vide

la preuve de l’existence de

Fragan.

Fragan est comme le pneu

entre l’échec et la chute

il glisse pour redescendre

vole pour remonter

et court après la vérité :

la part de vérité du jeté. Du grand jeté. Du premier jeté.

La première fois où on l’a lancé, où est-il tombé ?

*

(Jean)


Le petit saut de Jean

Le salto –le grand saut de Jean

Le grand Jean

Il enjambe enjambe enjambe

Les fils les montagnes les fils.

*

(Kilian)

Son nez tombe comme

un fruit mûr

Il saute

Il tombe souvent comme son nez

(avec plus ou moins d’humour)

*

(duo Kilian et Coline)

Là tu le fais rire

Là tu le fais jouir

Là tu le fais fuir

*

(sur la tristesse)


Ce qui est triste dans la tristesse

C’est de rester dans l’embarras-

Etre embarrassé de sa tristesse.

*

Prise dans le filet des  émotions-papillons

Comme si toute la vie n’était qu’une longue association

D’idées

Une pyramide- en haut

L’image

En bas – le corps déplu.

*

(Pour Fragan)


J’ai compris l’absurdité de « la corde de secours ».

*

(Une rencontre)

Une rencontre

Aucun effort

Un paysage accueillant

Un vent

Sur l’herbe une image charmante

Court

Une fourmi se prépare et part à la rencontre du vrai

Sans soulever une brindille de trop.

à Péch

Thursday, July 22nd, 2010 by Vasil Tasevski

une chanson de philippe leotard

06 Un blues

mm

urbanrabbits band à Pécs

Thursday, July 22nd, 2010 by Vasil Tasevski

Les petits gars motorisés


20/07/2010

Jeajeanne

20/07/2010

Prologues de Budapest

Sunday, June 20th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbits, du 19 au 29 juin 2010

Parfois je doute mais heureusement j’ai des visions

J’ai parfois le doute.  Je doute parfois qu’il se passe quelque chose à l’endroit où je suis. Je doute parfois qu’un de mes mots puisse mettre le doute là où jusqu’alors il n’y avait rien.

Mes mots sont comme de petites aiguilles qui s’insinueraient sous la peau des êtres que je rencontre et que je raconte. Il y a si souvent sur mon chemin des êtres chargés d’émotions.

Il y a aussi des images, des images qui sont autant d’êtres à la fois. Des images dont je ne doute pas, et dont je crois je ne douterai jamais.

Sur mon chemin, les êtres et les images forment des mots gigantesques qui m’habitent.

Où j’habite, ils vivent. Où ils vivent, je vois.


Pour toi

J’aurai la force.

J’aurai la force de ramener dans mes filets des pierres lourdes et lumineuses.

Je choisirai la plus belle d’entre les pierres, dans sa lumière la plus pure

Je la porterai contre moi.

Des pierres lourdes et lumineuses et parmi elles, une pierre dans sa lumière la plus pure.

Cette pierre qui n’est que pure lumière et toute l’histoire de cette pierre,

je la déposerai au fond de mon corps.

Tu tourneras vite vite vite

Connaissance et vivant sont de grands enjeux, est-ce  que tu le sens? Est-ce que tu sais qu’il ne faut pas forcément être toujours courageux mais toujours savoir l’être au bon moment sinon tu peux courir longtemps, tu peux courir longtemps et moi  je peux chercher les mots très longtemps et toujours ne rien trouver à te dire car finalement c’est de ça qu’il est question quelque part.

Je peux écrire des poèmes à l’infini et tu tourneras vite vite vite.

Cirque en dur

Nous ne faisons pas du cirque mou

Nous faisons du cirque dur

ou (je développe)

Nous ne faisons pas du

cirque ça c’est le cirque

ou ne faisons rien

d’autre que ça- du cirque !

Le cirque avec le cirque

Le cirque dans le cirque

Le cirque cirque

Le cirque2 voire même le cirque

Cube

Le cirque dur dans le cirque en dur

Strong circus inside concrete circus

C’est-à-dire cirque avec petites et grandes histoires, efforts, agrès.

Ça parle aussi.

Morts et vivants

Les morts ont des anges gardiens

Les vivants n’en ont pas

Ils e méritent pas –de leur vivant – d’être gardés.
Une fois morts les vivants peuvent faire don d’eux-mêmes

à la postérité.

Un corps vivant

Respire encore

Un corps mort

Prend de la place

C’est pourquoi on l’enterre ou on le brûle

Problème d’espace

Question de survie

Et aussi parce qu’il y en a d’autres qui suivent – ils poussent – ils poussent

Ils ont des choses à dire avec leurs jeunes corps vivants –

Des choses sur la vie justement.

Prologues de Roumanie

Tuesday, June 15th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbits à Iasi, du 11 au 13 juin 2010

1er soir

Il a fait tellement chaud que le prologue du premier soir s’est évaporé.

2e soir. Poème-pensée (coquelicot)

Une petite pensée à ceux et celles qui arrêtent parfois d’être ce qu’ils sont

La fleur pousse

La phrase croît

L’homme debout avec sa peau ses nerfs ses os et à travers sa peau son sang

Une petite pensée une petite fleur une parole simple une phrase simple

Très peu de chose en somme si ce n’est le désir de

Une petite pensée un coquelicot fragrant

Pour celles et ceux qui portent en eux le désir de

A priori je parle souvent j’écris toujours je parle toujours et je ne dis pourtant jamais la même chose c’est plutôt un peu chaque fois la même chose qui se dit en moi et se répète à l’infini et de quoi

parle

cette chose

Elle dit que ça peut venir de partout et qu’on ne s’y attend pas et

bla bla bla jusqu’à l’infini, à l’infini.

3e soir.  Poème avec une proposition de réponse

Ne pas renverser les enfants au bord de la route ou bien

Ne pas laisser les enfants au bord de la route

Même chose pour les chiens.

Renverser les enfants avec les conventions et les adultes

Renverser le monde des adultes avec la force des enfants qui attendent au bord de la route

Qui attendent le bus ou bien

Que leurs parents viennent les chercher

Attendre le lever du soleil avec ces mêmes enfants

Toujours prendre la douceur où elle se trouve profiter du silence

Faire naître dans le regard de l’autre le lever du soleil     oui   c’est sûrement ça la réponse

Faire se lever le soleil dans le regard de l’autre

A force de le regarder.

Urban Rabbit: le retour ou la parabole du champ verdoyant

Wednesday, June 9th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbit a été pris en otage, plusieurs mois de suite. On l’a arrêté juste au moment où il s’apprêtait à embarquer clandestinement sur un bateau en partance pour Malte. On l’a attrapé à l’aide d’un filet utilisé d’ordinaire pour capturer de grosses proies et on lui a immédiatement appliqué sur les narines un coton imbibé qui sentait  fortement l’alcool.  Puis : plus rien.

Il s’est réveillé près d’un champ, en compagnie de chevaux en liberté.

Il regarda le champ. Il n’en avait jamais vu d’aussi verdoyant de toute sa vie d’herbivore. C’était un champ immense qui s’étendait à perte de vue. Urban Rabbit sursauta, pris d’une réminiscence soudaine. Mais où était la piste cyclable ? Les cyclistes ?

Il ne reconnaissait rien autour de lui. Il avait beau regarder ce champ, ce champ ne lui disait rien. Il étira ses pattes et s’assit sur son pompon. Il était temps de faire un petit bilan physique et moral.

Bouche sèche et pâteuse, ventre vide, oreilles… coupées ! Il essaya de se passer une patte derrière l’oreille gauche et ce qu’il toucha l’effraya : un bout de peau sec, un moignon. Idem côté droit. Il lissa son poil qui était très sale, ce qui indiquait clairement qu’il n’avait pas fait sa toilette depuis longtemps. Très longtemps. Combien de temps?

Il respira un grand coup.

Il se sentait étranger à lui-même. Pourtant une certitude l’habitait: on ne lui avait pas coupé les oreilles « gratuitement ». Il y avait un sens à tout cela, un sens caché peut-être, ou un double-sens. Mais un sens profond. Cela, Urban Rabbit en était sûr. Il avait indéniablement fait un véritable saut de lièvre dans l’histoire de son évolution personnelle. Un saut qualitatif qui le plongeait au coeur de sa propre existence, dans ce vaste champ de verdure.

Rien ne serait plus jamais comme avant. A partir d’aujourd’hui, il y aurait un before et un after. Comme chez les humains, avec leur homme relevé d’entre les morts. Ses oreilles mutilées frémirent d’émotion.

Soudain il entendit un bruit de moteur. Ça vrombissait à sa droite. Il détourna sa tête engourdie et vit alors des hommes attroupés. Des hommes ! Il les reconnaissait ! C’était l’espèce des hommes cyclistes ! Les révolutionnaires ! Ceux qui marchent sur les mains et dorment dans les caravanes !  Ils avaient dû subir une évolution foudroyante eux-aussi  car ils n’avaient plus de vélos mais de gros camions articulés, de véritables engins de guerre qui dégageaient une odeur nauséabonde. Urban Rabbit toussota et s’approcha.

A peine était-il arrivé à  leur hauteur, que les gigantesques machines  se mirent à vrombrir de plus belle. Il sauta daredare sur le marchepied et  jeta un rapide coup d’œil à l’intérieur. Deux hommes  étaient assis dans une spacieuse cabine. Il se glissa subrepticement à l’intérieur et se cacha sous la banquette arrière. C’est alors qu’il se rendit compte qu’il était épuisé.  Juste avant de tomber dans un profond sommeil, il entendit deux phrases qu’il n’eut pas la force d’essayer de recontextualiser : « On est en Roumanie » dit l’un. « ça c’est le cirque » répondit l’autre. Puis : plus rien.

Urban rabbits rétrospective

Saturday, May 29th, 2010 by Vasil Tasevski

Arpad is not DEAD !!!!


11/2009 chalons en champagne

video italy

Thursday, May 27th, 2010 by Vasil Tasevski

montage à Modena

photos de Sam Hannes   Modena 05/2010

mat mat & coline

roma 05/2010

Finie la gadoue. 26 mai 2010

Wednesday, May 26th, 2010 by Audrey Louwet

On est passés sans transition des averses automnales au soleil d’été. Comme si on avait sauté deux saisons. Une année sans hiver ni printemps.

Le chapiteau est devenu un sauna et le cadre c’est les bancs du haut. On se tartine de magnésie mais.

Ça glisse toujours, indéfiniment, comme si nos corps se saoulaient de sueur – ivresse chaude de la peau suintante comme une plaie ouverte. Nos mains s’accrochent au vide, à l’air humide. Nos poignets sont une corde tendue sur un gouffre dont on ne voit plus la fin depuis longtemps. Nos visages sont rouges, plissés comme des ballons de baudruche en fin de vie.

Mais ça fait plaisir, tout ce soleil, toute cette vie. On dort dans un ancien hôpital construit autour d’une cour de monastère. On entend les oiseaux. Les champs sont battus et le foin est roulé en gros ballots comme dans les tableaux de Van Gogh.

Le jour off a été comme une bénédiction. On est partis avec Sam et Killian se promener autour du lac – réserve naturelle. Il y avait des tortues, des poissons énormes et des couleuvres qui copulaient. Il y avait des flaques grouillant de tétards. Il y avait une flaque desséchée et des tétards morts recroquevillés là où devaient subsister les dernières traces d’eau.  

On s’est arrêtés au bord d’une rivière pour se baigner. On a nagé à contre-courant et fait des ricochets. On a rigolé avec les leçons de survie dans la nature de Sam-Homme Des Bois : comment ne pas mourir dans un barrage, comment enlever les sangsues avec une cigarette, où s’arrêter avec un kayak dans des rapides….

Back to Reality. Fini Robinson Crusoë. Show must go on.