Archive for June, 2010

Un mois en quelques lignes

Wednesday, June 23rd, 2010 by Coline Garcia

Comment résumer un mois en quelques lignes… Trajet Italie/ Roumanie : 36H pour certains, 24h de plus pour les autres…fatiguant !
Les camions ont subi pleinement le bakchich, manque un gyrophare, trop long, trop lourd, trop haut…Toutes les raisons sont bonnes pour nous faire payer !
Arrivée à Iasi, il faut monter le chapiteau pour la cinquième fois. C’est dur ; les corps sont mous, les têtes sont lourdes. Heureusement les Roumains nous aident beaucoup et puis on commence à connaître le schmilblick ! On a enfin des jours de repos…difficile cependant de récupérer si vite.
Il fait chaud, très très chaud, 40°C, c’est la canicule à Iasi !!
On retrouve Lawrence, on répète la musique, on aimerait avoir plus de temps, tout s’enchaine trop vite.
Déjà la première, il fait une chaleur aride dans le chapiteau, on joue à 17h mais ca va encore… (pour moi, afin d’éviter de sécher comme une tomate, on à prévu une gourde et une longe…au cas ou…). Le jour d’après on joue à 19h mais il fait beaucoup plus chaud que la veille, rester là haut c’est un peu comme faire la traversée du désert…j’ai pas le souvenir d’avoir déjà eu si chaud…même dans le sauna !!
Avec Fragan on se demande comment on va pouvoir faire la troisième, par chance ce jour là, la température est redescendue.
Et ca enchaine…de nouveau un démontage ; puis route jusqu’à Budapest, environ 950km ; prévoir 24H.
Cette fois ci, on suit de prés les camions afin de pouvoir gérer les soucis éventuels à plusieurs. On enchaine les contrôles de police, ils ont, pour des raisons diverses, essayé de nous extorquer 2300 euros, deux passeports et un permis…avec l’aide de Dan on s’en est beaucoup mieux sorti…seulement 12 euros !

Arrivée à Budapest, ca monte et remonte dans le cirque en dur…on baisse un peu les bras…c’est compliqué, finalement ca s’arrange.
On réadapte le spectacle, c’est du boulot.
La première pfffouaaaa…c’est chouette ! Un chouette public à Budapest.

Prologues de Budapest

Sunday, June 20th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbits, du 19 au 29 juin 2010

Parfois je doute mais heureusement j’ai des visions

J’ai parfois le doute.  Je doute parfois qu’il se passe quelque chose à l’endroit où je suis. Je doute parfois qu’un de mes mots puisse mettre le doute là où jusqu’alors il n’y avait rien.

Mes mots sont comme de petites aiguilles qui s’insinueraient sous la peau des êtres que je rencontre et que je raconte. Il y a si souvent sur mon chemin des êtres chargés d’émotions.

Il y a aussi des images, des images qui sont autant d’êtres à la fois. Des images dont je ne doute pas, et dont je crois je ne douterai jamais.

Sur mon chemin, les êtres et les images forment des mots gigantesques qui m’habitent.

Où j’habite, ils vivent. Où ils vivent, je vois.


Pour toi

J’aurai la force.

J’aurai la force de ramener dans mes filets des pierres lourdes et lumineuses.

Je choisirai la plus belle d’entre les pierres, dans sa lumière la plus pure

Je la porterai contre moi.

Des pierres lourdes et lumineuses et parmi elles, une pierre dans sa lumière la plus pure.

Cette pierre qui n’est que pure lumière et toute l’histoire de cette pierre,

je la déposerai au fond de mon corps.

Tu tourneras vite vite vite

Connaissance et vivant sont de grands enjeux, est-ce  que tu le sens? Est-ce que tu sais qu’il ne faut pas forcément être toujours courageux mais toujours savoir l’être au bon moment sinon tu peux courir longtemps, tu peux courir longtemps et moi  je peux chercher les mots très longtemps et toujours ne rien trouver à te dire car finalement c’est de ça qu’il est question quelque part.

Je peux écrire des poèmes à l’infini et tu tourneras vite vite vite.

Cirque en dur

Nous ne faisons pas du cirque mou

Nous faisons du cirque dur

ou (je développe)

Nous ne faisons pas du

cirque ça c’est le cirque

ou ne faisons rien

d’autre que ça- du cirque !

Le cirque avec le cirque

Le cirque dans le cirque

Le cirque cirque

Le cirque2 voire même le cirque

Cube

Le cirque dur dans le cirque en dur

Strong circus inside concrete circus

C’est-à-dire cirque avec petites et grandes histoires, efforts, agrès.

Ça parle aussi.

Morts et vivants

Les morts ont des anges gardiens

Les vivants n’en ont pas

Ils e méritent pas –de leur vivant – d’être gardés.
Une fois morts les vivants peuvent faire don d’eux-mêmes

à la postérité.

Un corps vivant

Respire encore

Un corps mort

Prend de la place

C’est pourquoi on l’enterre ou on le brûle

Problème d’espace

Question de survie

Et aussi parce qu’il y en a d’autres qui suivent – ils poussent – ils poussent

Ils ont des choses à dire avec leurs jeunes corps vivants –

Des choses sur la vie justement.

Prologues de Roumanie

Tuesday, June 15th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbits à Iasi, du 11 au 13 juin 2010

1er soir

Il a fait tellement chaud que le prologue du premier soir s’est évaporé.

2e soir. Poème-pensée (coquelicot)

Une petite pensée à ceux et celles qui arrêtent parfois d’être ce qu’ils sont

La fleur pousse

La phrase croît

L’homme debout avec sa peau ses nerfs ses os et à travers sa peau son sang

Une petite pensée une petite fleur une parole simple une phrase simple

Très peu de chose en somme si ce n’est le désir de

Une petite pensée un coquelicot fragrant

Pour celles et ceux qui portent en eux le désir de

A priori je parle souvent j’écris toujours je parle toujours et je ne dis pourtant jamais la même chose c’est plutôt un peu chaque fois la même chose qui se dit en moi et se répète à l’infini et de quoi

parle

cette chose

Elle dit que ça peut venir de partout et qu’on ne s’y attend pas et

bla bla bla jusqu’à l’infini, à l’infini.

3e soir.  Poème avec une proposition de réponse

Ne pas renverser les enfants au bord de la route ou bien

Ne pas laisser les enfants au bord de la route

Même chose pour les chiens.

Renverser les enfants avec les conventions et les adultes

Renverser le monde des adultes avec la force des enfants qui attendent au bord de la route

Qui attendent le bus ou bien

Que leurs parents viennent les chercher

Attendre le lever du soleil avec ces mêmes enfants

Toujours prendre la douceur où elle se trouve profiter du silence

Faire naître dans le regard de l’autre le lever du soleil     oui   c’est sûrement ça la réponse

Faire se lever le soleil dans le regard de l’autre

A force de le regarder.

Urban Rabbit: le retour ou la parabole du champ verdoyant

Wednesday, June 9th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbit a été pris en otage, plusieurs mois de suite. On l’a arrêté juste au moment où il s’apprêtait à embarquer clandestinement sur un bateau en partance pour Malte. On l’a attrapé à l’aide d’un filet utilisé d’ordinaire pour capturer de grosses proies et on lui a immédiatement appliqué sur les narines un coton imbibé qui sentait  fortement l’alcool.  Puis : plus rien.

Il s’est réveillé près d’un champ, en compagnie de chevaux en liberté.

Il regarda le champ. Il n’en avait jamais vu d’aussi verdoyant de toute sa vie d’herbivore. C’était un champ immense qui s’étendait à perte de vue. Urban Rabbit sursauta, pris d’une réminiscence soudaine. Mais où était la piste cyclable ? Les cyclistes ?

Il ne reconnaissait rien autour de lui. Il avait beau regarder ce champ, ce champ ne lui disait rien. Il étira ses pattes et s’assit sur son pompon. Il était temps de faire un petit bilan physique et moral.

Bouche sèche et pâteuse, ventre vide, oreilles… coupées ! Il essaya de se passer une patte derrière l’oreille gauche et ce qu’il toucha l’effraya : un bout de peau sec, un moignon. Idem côté droit. Il lissa son poil qui était très sale, ce qui indiquait clairement qu’il n’avait pas fait sa toilette depuis longtemps. Très longtemps. Combien de temps?

Il respira un grand coup.

Il se sentait étranger à lui-même. Pourtant une certitude l’habitait: on ne lui avait pas coupé les oreilles « gratuitement ». Il y avait un sens à tout cela, un sens caché peut-être, ou un double-sens. Mais un sens profond. Cela, Urban Rabbit en était sûr. Il avait indéniablement fait un véritable saut de lièvre dans l’histoire de son évolution personnelle. Un saut qualitatif qui le plongeait au coeur de sa propre existence, dans ce vaste champ de verdure.

Rien ne serait plus jamais comme avant. A partir d’aujourd’hui, il y aurait un before et un after. Comme chez les humains, avec leur homme relevé d’entre les morts. Ses oreilles mutilées frémirent d’émotion.

Soudain il entendit un bruit de moteur. Ça vrombissait à sa droite. Il détourna sa tête engourdie et vit alors des hommes attroupés. Des hommes ! Il les reconnaissait ! C’était l’espèce des hommes cyclistes ! Les révolutionnaires ! Ceux qui marchent sur les mains et dorment dans les caravanes !  Ils avaient dû subir une évolution foudroyante eux-aussi  car ils n’avaient plus de vélos mais de gros camions articulés, de véritables engins de guerre qui dégageaient une odeur nauséabonde. Urban Rabbit toussota et s’approcha.

A peine était-il arrivé à  leur hauteur, que les gigantesques machines  se mirent à vrombrir de plus belle. Il sauta daredare sur le marchepied et  jeta un rapide coup d’œil à l’intérieur. Deux hommes  étaient assis dans une spacieuse cabine. Il se glissa subrepticement à l’intérieur et se cacha sous la banquette arrière. C’est alors qu’il se rendit compte qu’il était épuisé.  Juste avant de tomber dans un profond sommeil, il entendit deux phrases qu’il n’eut pas la force d’essayer de recontextualiser : « On est en Roumanie » dit l’un. « ça c’est le cirque » répondit l’autre. Puis : plus rien.

Répétitions à Châlons – Genèse des scènes – Entraînements

Monday, June 7th, 2010 by Marc Vittecoq

Julie et Matthieu

Matthieu Gary

Coline

Trio Benoît Rémy Vasil

Jean et Jérôme

Damien

Le Cube