Archive for February, 2010

TOURNÉE 2010

Sunday, February 28th, 2010 by Marc Vittecoq

Paris, du 20 janvier au 14 février

Reims, du 2 au 4 mars

Malte, La Vallette du 9 au 11 avril

Italie, Rome du 24 avril au 1er mai

Ferrare du 11 au 15 mai

Modène du 22 au 29 mai

Roumanie, Iasi du 11 au 13 juin

Hongrie, Budapest du 19 au 27 juin

Pécs du 23 au 25 juillet

Serbie, Belgrade du 31 juillet au 6 août

Doutes d’un lapin extraordinaire

Saturday, February 27th, 2010 by Marion Colle

Urban Rabbit est un peu malade. Des peurs inhabituelles l’habitent. Il se demande si c’est lié à l’âge, à l’hiver qui dure, à la société. Si c’est lui ou les autres qui suscitent ces peurs. S’il a vraiment peur, c’est-à-dire peur de la peur, ou s’il a seulement quelques doutes concernant son évolution.

Il faut dire que depuis qu’il s’est mis en tête de savoir vraiment qui il est, il s’est quelque peu coupé de sa vie d’avant. Il est devenu quelqu’un d’autre, un autre lapin. Certes, de nouveaux horizons se sont ouverts à lui, il respire mieux, il pense plus. Mais il a pris aussi de la hauteur et donc, parfois, les choses, les êtres, lui semblent loin. Oui, c’est cela. Il s’est éloigné des autres lapins. Il ne drague plus, ne sort pratiquement pas, il parle très peu.  Il fait de longues apnées, il erre.

Cela fait longtemps qu’il n’a pas croisé de cyclistes sur la piste cyclable.

Cela fait longtemps qu’une lumière ne l’a pas saisi, dans sa nudité originelle.
Cela fait longtemps, oui vraiment longtemps, qu’il n’a pas serré une coquine lapine.

Il n’est pas pour autant devenu un sage, ni un bouddha rabbit. Il ne ressent pas d’état mystique. Il est seulement un peu perdu, étourdi. Le manque de vitamines. Le froid. L’humidité des terriers. Il faut que le printemps arrive, peut-être qu’il fasse une cure de carottes rissolées ou d’herbes plates, un masque revigorant au gingembre, qu’il croque quelques pousses, suce quelques pastilles.

Il regarde beaucoup la télé. Critique beaucoup le monde. Ne s’engage plus que dans des sentiers rebattus. Il lit la presse, écoute la radio, s’informe trop, s’intoxique. Il a pris quelques rides, des tics, des habitudes ridicules (la promenade le soir, le long du champ-à remplacer peut-être par un long jogging ou un rêve éveillé) et parfois il a du mal à s’endormir. Oui, Urban Rabbit est un peu malade. Même,des fois il vomit. Il aimerait se dire que les choses avancent sans lui, mais ce n’est pas le cas.

La peur est là : disparaître de la surface de la terre sans avoir élaboré une seule raison d’être. Sans avoir vraiment aimé, joui, ri.

Heureusement, le printemps n’est finalement pas loin. Heureusement, il est lucide. Heureusement, il a des ressources. Il faut qu’il reprenne l’analyse des êtres humains par exemple : c’était une bonne énergie, cela lui donnait envie de se lever le matin. Observer la création de ces circassiens sous chapiteau, c’était un peu aller au boulot, dans un laboratoire géant, pour le plaisir. Il y avait toujours de nouvelles choses à regarder, des attitudes, des cascades, des élans. Il y avait toujours un peu d’humour, de la distance, de la réflexion. Une relation humaine à découvrir. Une émotion qui l’envahissait, une sensation qui le transcendait. Maintenant que le spectacle était créé, et qu’il était entré dans la dimension de la représentation, quelque chose était tombé : c’est comme si soudain Urban Rabbit était redevenu un petit animal anodin, quelconque, inutile. Comme s’ils n’avaient plus besoin de lui.
Et ça- ça le faisait souffrir.

Est-ce qu’on allait l’emmener en tournée ? Est-ce qu’on s’était d’ailleurs seulement posé cette question ?

Urban Rabbit avait peur de l’avion.

la patte d’Arpad

Wednesday, February 17th, 2010 by Marion Colle

“Prologue”

Je me demande: à quel degré de conscience est chacun quand il joue?

On me demande: Arpad n’a rien fait! Il vous a laissé ses droits d’auteur, ça veut tout dire! Pourtant j’ai déjà vu des trucs de ce mec, il sait faire des lumières de fou. Là, il n’a pas bossé.

Essai: “La patte d’Arpad” ou “comment nous sommes devenus conscients de notre propre lumière”

Nous pouvons aller dans les directions qui nous plaisent, nous exprimer. Nous pouvons TOUJOURS le faire. Mais dans l’adresse de ce mouvement d’aller vers, dans la manière de choisir la direction, on peut reconnaître la patte d’Arpad.

La virtuosité n’est pas dans l’acte que nous exécutons mais dans le jeu de cet acte, dans la qualité de présence à chaque situation qu’Arpad nous propose et dont on dispose. L’acte est ici différencié de l’action et de l’agir. L’acte sert le drame, l’action sert la dramaturgie. L’agir sert l’enjeu, du présent.

Arpad et nous, nous avons travaillé ensemble à conjuguer le temps de l’action, chacun à sa place, à son niveau, à son degré de conscience: sur piste, à côté, en rêve, en réalité. Mais toujours dans l’écriture. Dans l’écriture en jeu.

Etre, vibrer, agir. Donner du corps et de la lumière à cette vibration.
Je pense qu’Arpad a touché à la conscience politique du circassien: en ce sens que chacun de ses actes se vide au présent dans une situation qui évolue (donnée par le metteur en scène, assumée par le circassien, regardée par le metteur en scène, rejouée par le circassien, assumée par le metteur en scène et détournée par le circassien): l’action de sauter descend, le bras levé s’abat, la courbette s’envole, l’esprit se libère. Pirouette. C’est politique.

Viennent ensuite l’appui du pied, la lourdeur de la réception, la prise d’élan, la sueur. Il y a un moment de tension, une action (qui est comme un panneau sur le chemin de la révolution: fausse piste), est-ce que le corps va chuter, est-ce que ce pied va se tordre, est-ce que la chute fait mal, est-ce que je vais ressentir quelque chose? Puis, c’est comme la sonnerie du métro,o n a conscience que ça va sonner quand ça ne sonne pas encore, on attend, on sait que ça va sonner, si l’attente est trop longue, on se demande si le métro n’a pas un problème, et on hésite à descendre du wagon. Et là ça sonne. On repart. Double pirouette: ça part en vrille.

C’est pareil. Avec Arpad, on a à la fois conscience de la sonnerie et du train en marche. De plus, on est dans le sens inverse de la marche.
De politique, son travail devient anarchiste, altruiste, gratuit.

On est dans une construction d’une maison qui ressemble à un chapiteau avec des artistes dedans. Et quand le spectacle commence, on démonte tout (le filet, l’histoire, les gens, le public) et on met la lumière sur l’acte d’être, et d’être présent, à l’indicatif: mettre en scène = jouer = sauter = raconter quelque chose de nouveau, dans ce monde.

(à suivre- sans heurt- comme l’histoire de l’homme à barbe)

Urban Rabbit, un label?

Saturday, February 13th, 2010 by Marion Colle

Ça y est, ce qu’il avait prédit est arrivé : son nom est placardé partout dans la ville, sur les murs, dans les couloirs du métro, « Urban Rabbits » par-ci, « Urban Rabbits » par-là. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé affiché et tagué dans le tout Paris. Clairement, il venait de s’inscrire  dans « le paysage urbain », comme on dit. Il s’ensuivit que notre cher lapin se posa de nombreuses questions, concernant ses droits d’auteurs, ses droits à l’image, l’exploitation de son aura, de son nom, de ses initiales ! U.R ! A quand les T-shirts et les casquettes U.R ? Les boissons énergétiques à base d’herbe prémâchée pour teufeurs du samedi soir ? DRINK U.R and the speed rabbit power will be in you !

Urban Rabbit se demande à quel degré de conscience il est, exactement. Bon en tant que lapin, il sait où se situer. Mais en tant qu’artiste ? A-t-il une conscience artistique ? A-t-il « de la présence » ? Est-ce que d’autres se reconnaissent à travers lui ?

Une chose le fâche profondément. On a pluralisé son nom ! Lui, l’unique, l’irremplaçable Urban Rabbit est devenu un genre. Un groupe. Voire même une appellation.  Il est devenu Urban Rabbits ! Au pluriel !

Ou bien… Ou bien ils sont plusieurs ? Plusieurs,  comme lui ? Soudain Urban Rabbit est pris d’une angoisse terrible : ils sont partout, ils ont envahi l’espace rurbain, les rabbits, les rabbals, les affreux  lapins mutants, les rongeurs morfales, les lapins turbo, tapis dans les fourrés autoroutiers, dévoreurs de roues de vélo, anarchistes, lièvres punks percés et tatoués, squatteurs de terriers underground, fumeurs de pousses de carottes,  hases délurées, lapins nains et palustres,  péril lapereau, au secours, ils osent tout, ils arrivent, ils explosent tout sur leur passage : les lapins attaquent en caravane rose.

Urban Rabbit n’aime pas la violence.

Il regarde l’affiche. On voit la route, la fin de la route et la caravane rose, qui vole dans les airs.

Urban Rabbit réalise qu’il est resté incognito. On n’a pas mis sa photo sur l’affiche. Alors il signe, en bas à gauche.

Pour faire valoir ce que de droit.

paroles de spectateurs

Tuesday, February 9th, 2010 by Marion Colle

Avant le spectacle, entrée public!

Il fait très très chaud ici.

Il faut que je reprenne contact.

Pas de nourriture en salle!

Ce sont des gens qui ont fini leur école de cirque. Il y a toujours un spectacle de fin de cursus avec un metteur en scène. C’est l’école de Châlons en Champagne. C’est Arpad Schilling qui les a mis en scène. C’est un metteur en scène de théâtre. Je crois qu’il est thèque. (Elle cherche, elle cherche, elle cherche…) Ah non, hongrois. C’est un hongrois.

On va manger en cachette.
Il fait chaud, non?

Tu veux un morceau?

En face on est trop loin des gens.

On est trop dispatché!

S’il vous plait, passez en dessous du cable.
N’hésitez pas à monter dans les hauteurs.

Nadia, on va se mettre au milieu des élèves.

S’il vous plait ne marchez pas sur la piste!

Serrez-vous, serrez-vous, serrez-vous encore!

Dimanche je peux m’arranger. J’ai encore cette semaine à tenir…

Tu pourrais t’intéresser à la production de spectacle mon coeur.
Mais je m’y intéresse. Et j’ai déjà beaucoup de choses à faire.
Oui, mais tu pourrais le faire au bon moment.

Ils sont basés à Châlons en Champagne.

C’est une troupe.

T’inquiète on va bien voir, le truc-là (le filet) ils vont le démonter pour la suite. C’est comme pour les lions, quand il y a des cages et des barrières, c’est déjà là, mais après ils l’enlèvent.

ça commence par quoi?

http://blogvillette.typepad.com/surleparc/2010/01/la-21eme-promotion-du-cnac-nos-adherents-sont-emballes-.html

Tuesday, February 9th, 2010 by Kollar Adel

Du blog de la Villette, où les spectateurs sont bien actifs:

Impressionnant d’énergie, de simplicité. Importance de la respiration, de la vibration, de l’effort. J’ai aimé la proximité et regretté qu’il n’y ait pas plus de filles.
Et qu’elles ne soient pas assez mises en valeur.
Vive le cirque !
Marie-José

Décalé, spectaculaire, inventif, créatif, performance physique époustouflante, beaucoup d’humour, d’émotions, de rires, de partage, bref, un excellent moment ! 
Très fort, bravo, bravo, bravo !
Merci beaucoup !
Laetitia

Superbe gestuelle, grand sens de l’espace, quelques grincements… seul le texte m’a moins accroché. Peut-être une seule musique un peu plus douce ? 
Mais au final, un spectacle plein d’inventivité, générosité et virtuosité (presque sans en avoir l’air !).
Aussi une très grande « harmonie », « symbiose »… du mal à définir…
Bravo !
Amélie

Poésie + humour + technique impeccable = tout ce qui fait du beau cirque. 5 étoiles au numéro de trapèze savoureux sans trapèze. Un faible pour le prologue. Et plein de moments surprenants et délicieux. Le parti pris de mise en scène des histoires – le lapin avant Jésus qui savait faire du feu – qui sait…
Une chaleur de folie au moment de l’entrée, on a cru défaillir – sinon, chaleureux et aimable comme toujours.
Merci à la programmation : nous voyons tous les cirques religieusement depuis des soirées = c’est un grand bonheur, émerveillez-nous encore !
Merci à vous.
Elisabeth

Un va et vient de bonheur… Une invention de parcours de vie, d’histoire : individu, couple…
Cette société de groupe, un bonheur en jeu.
Le cirque, la musique, l’accordéon.
Et un bonheur de venir souvent au cirque Villette. Du bonheur de vie, de respiration.
Merci.
Antonio

Surprise permanente, beaucoup de trouvailles, d’humour. Pas un instant d’ennui.
Il y a toujours quelque chose qui relance l’attention. Beaucoup de promesses aussi. Il aurait fallu plus d’écrans (3 ou 4) car la position des piliers pouvait gêner la lecture.
Jacques

C’est une bande d’enfants terribles, terriblement professionnels déjà à leur âge. C’est époustouflant – sans costume ni fioriture, ils nous font peur, ils nous font rire. Il y a quand même des moments de flottement mais pour mieux repartir et nous étonner !
Pourquoi les filles ne sont-elles pas plus nombreuses ?
Vu également : Johann Le Guillerm
Suzanne

Epoustouflant !
Des artistes talentueux pour un conte d’adultes plein d’amour et de rage d’aimer. Des pas de deux aériens et sensuels mis en musique et un théâtre avec un bel interlude rock de « Mujeres al borde de un ataque de nervios » !
Tous mes vœux de réussite pour 2010 !
Magali

Bonne maîtrise dans l’ensemble. Ambiance familiale. Très bon rythme et aussi beaucoup d’énergie.
Isaac

Les performances des artistes sont toujours aussi époustouflantes comparées aux éditions du Cnac précédentes.
L’édition de cette année se démarque par l’ironie des personnages, une certaine mise en distance, une forte présence du fil et de nombreuses structures métalliques. Les scènes s’enchaînent, le spectacle est rythmé (seul le batteur ne suit pas le rythme dixit Manu).
Et merci pour la soirée.
Très bon accueil, on reviendra…
Caroline et Emmanuel

GENIAL !!!
Très habituée à aller voir des spectacles du nouveau cirque, je trouve avec la promotion du CNAC une nouvelle façon d’aborder la scène : c’est plein de fraîcheur, de prise de recul, d’ironie, de talents. On sent, à la différence de cie très établie, la promotion, les « délires » d’étudiants, un groupe soudé : une vraie troupe de circassiens en herbe ! Bref, des artistes prometteurs et un spectacle réussi !
Léonie

Rédigé par: 10 adhérents | 27 janvier 2010 à 16:32

Le questionnaire des enfants

Tuesday, February 9th, 2010 by Marion Colle

Questions des élèves pour les artistes du CNAC

Mady: Qu’est-ce que vous faites à la fin des entraînements? Est-ce que c’est dur de faire ce métier?

Antarès: Est-ce que vous vous êtes fait enlever une côte pour faire ça?

Mamadou B: ça fait combien de temps que vous travaillez pour ce spectacle? Est-ce qu’il faut être souple? Est-ce qu’il faut beaucoup s’entraîner? Est-ce que vous risquez de vous blesser?

Madiara: Est-ce que vous aimez le risque? Où allez vous travailler après? Est-ce que le cirque c’est dur?

Salma: Pourquoi vous aimez le cirque?

Mamadou T: Quel entraînement avez-vous?

Makamba: Pourquoi aimez-vous le cirque? Pourquoi faites-vous ce travail?

Néné: Pourquoi est-ce que vous avez choisi le cirque comme métier? Depuis quand exercez-vous ce métier? Qui vous a convaincu de faire ce spectacle?

Moussa: Est-ce que le cirque est complexe? Que faites-vous dans la vie? Combien de temps allez-vous rester à la Villette? Depuis combien de temps faites-vous du cirque? Est-ce que c’est dangereux?

Patrick: Est-ce que vous vous entraînez beaucoup? A quel âge avez-vous commencé le cirque?

Mariane: Est-ce que ce que vous faites est difficile? Avez-vous déjà fait du cirque sous un autre chapiteau? Quand vous entrainez-vous?

Moussa M: Avant de travailler dans le cirque, qu’avez-vous fait comme études?

Perla: Est-ce que c’est dur? A quel âge avez-vous commencé?

Fin démontage à Chalons, montage à la Villette

Thursday, February 4th, 2010 by Sam Hannes

 

Montage chap parc de la villette paris 2010

Thursday, February 4th, 2010 by Vasil Tasevski

Photos répétitions et réunions Châlons

Wednesday, February 3rd, 2010 by Sam Hannes