“Prologue”
Je me demande: à quel degré de conscience est chacun quand il joue?
On me demande: Arpad n’a rien fait! Il vous a laissé ses droits d’auteur, ça veut tout dire! Pourtant j’ai déjà vu des trucs de ce mec, il sait faire des lumières de fou. Là, il n’a pas bossé.
Essai: “La patte d’Arpad” ou “comment nous sommes devenus conscients de notre propre lumière”
Nous pouvons aller dans les directions qui nous plaisent, nous exprimer. Nous pouvons TOUJOURS le faire. Mais dans l’adresse de ce mouvement d’aller vers, dans la manière de choisir la direction, on peut reconnaître la patte d’Arpad.
La virtuosité n’est pas dans l’acte que nous exécutons mais dans le jeu de cet acte, dans la qualité de présence à chaque situation qu’Arpad nous propose et dont on dispose. L’acte est ici différencié de l’action et de l’agir. L’acte sert le drame, l’action sert la dramaturgie. L’agir sert l’enjeu, du présent.
Arpad et nous, nous avons travaillé ensemble à conjuguer le temps de l’action, chacun à sa place, à son niveau, à son degré de conscience: sur piste, à côté, en rêve, en réalité. Mais toujours dans l’écriture. Dans l’écriture en jeu.
Etre, vibrer, agir. Donner du corps et de la lumière à cette vibration.
Je pense qu’Arpad a touché à la conscience politique du circassien: en ce sens que chacun de ses actes se vide au présent dans une situation qui évolue (donnée par le metteur en scène, assumée par le circassien, regardée par le metteur en scène, rejouée par le circassien, assumée par le metteur en scène et détournée par le circassien): l’action de sauter descend, le bras levé s’abat, la courbette s’envole, l’esprit se libère. Pirouette. C’est politique.
Viennent ensuite l’appui du pied, la lourdeur de la réception, la prise d’élan, la sueur. Il y a un moment de tension, une action (qui est comme un panneau sur le chemin de la révolution: fausse piste), est-ce que le corps va chuter, est-ce que ce pied va se tordre, est-ce que la chute fait mal, est-ce que je vais ressentir quelque chose? Puis, c’est comme la sonnerie du métro,o n a conscience que ça va sonner quand ça ne sonne pas encore, on attend, on sait que ça va sonner, si l’attente est trop longue, on se demande si le métro n’a pas un problème, et on hésite à descendre du wagon. Et là ça sonne. On repart. Double pirouette: ça part en vrille.
C’est pareil. Avec Arpad, on a à la fois conscience de la sonnerie et du train en marche. De plus, on est dans le sens inverse de la marche.
De politique, son travail devient anarchiste, altruiste, gratuit.
On est dans une construction d’une maison qui ressemble à un chapiteau avec des artistes dedans. Et quand le spectacle commence, on démonte tout (le filet, l’histoire, les gens, le public) et on met la lumière sur l’acte d’être, et d’être présent, à l’indicatif: mettre en scène = jouer = sauter = raconter quelque chose de nouveau, dans ce monde.
(à suivre- sans heurt- comme l’histoire de l’homme à barbe)
Du blog de la Villette, où les spectateurs sont bien actifs:
Impressionnant d’énergie, de simplicité. Importance de la respiration, de la vibration, de l’effort. J’ai aimé la proximité et regretté qu’il n’y ait pas plus de filles.
Et qu’elles ne soient pas assez mises en valeur.
Vive le cirque !
Marie-José
Décalé, spectaculaire, inventif, créatif, performance physique époustouflante, beaucoup d’humour, d’émotions, de rires, de partage, bref, un excellent moment !
Très fort, bravo, bravo, bravo !
Merci beaucoup !
Laetitia
Superbe gestuelle, grand sens de l’espace, quelques grincements… seul le texte m’a moins accroché. Peut-être une seule musique un peu plus douce ?
Mais au final, un spectacle plein d’inventivité, générosité et virtuosité (presque sans en avoir l’air !).
Aussi une très grande « harmonie », « symbiose »… du mal à définir…
Bravo !
Amélie
Poésie + humour + technique impeccable = tout ce qui fait du beau cirque. 5 étoiles au numéro de trapèze savoureux sans trapèze. Un faible pour le prologue. Et plein de moments surprenants et délicieux. Le parti pris de mise en scène des histoires – le lapin avant Jésus qui savait faire du feu – qui sait…
Une chaleur de folie au moment de l’entrée, on a cru défaillir – sinon, chaleureux et aimable comme toujours.
Merci à la programmation : nous voyons tous les cirques religieusement depuis des soirées = c’est un grand bonheur, émerveillez-nous encore !
Merci à vous.
Elisabeth
Un va et vient de bonheur… Une invention de parcours de vie, d’histoire : individu, couple…
Cette société de groupe, un bonheur en jeu.
Le cirque, la musique, l’accordéon.
Et un bonheur de venir souvent au cirque Villette. Du bonheur de vie, de respiration.
Merci.
Antonio
Surprise permanente, beaucoup de trouvailles, d’humour. Pas un instant d’ennui.
Il y a toujours quelque chose qui relance l’attention. Beaucoup de promesses aussi. Il aurait fallu plus d’écrans (3 ou 4) car la position des piliers pouvait gêner la lecture.
Jacques
C’est une bande d’enfants terribles, terriblement professionnels déjà à leur âge. C’est époustouflant – sans costume ni fioriture, ils nous font peur, ils nous font rire. Il y a quand même des moments de flottement mais pour mieux repartir et nous étonner !
Pourquoi les filles ne sont-elles pas plus nombreuses ?
Vu également : Johann Le Guillerm
Suzanne
Epoustouflant !
Des artistes talentueux pour un conte d’adultes plein d’amour et de rage d’aimer. Des pas de deux aériens et sensuels mis en musique et un théâtre avec un bel interlude rock de « Mujeres al borde de un ataque de nervios » !
Tous mes vœux de réussite pour 2010 !
Magali
Bonne maîtrise dans l’ensemble. Ambiance familiale. Très bon rythme et aussi beaucoup d’énergie.
Isaac
Les performances des artistes sont toujours aussi époustouflantes comparées aux éditions du Cnac précédentes.
L’édition de cette année se démarque par l’ironie des personnages, une certaine mise en distance, une forte présence du fil et de nombreuses structures métalliques. Les scènes s’enchaînent, le spectacle est rythmé (seul le batteur ne suit pas le rythme dixit Manu).
Et merci pour la soirée.
Très bon accueil, on reviendra…
Caroline et Emmanuel
GENIAL !!!
Très habituée à aller voir des spectacles du nouveau cirque, je trouve avec la promotion du CNAC une nouvelle façon d’aborder la scène : c’est plein de fraîcheur, de prise de recul, d’ironie, de talents. On sent, à la différence de cie très établie, la promotion, les « délires » d’étudiants, un groupe soudé : une vraie troupe de circassiens en herbe ! Bref, des artistes prometteurs et un spectacle réussi !
Léonie