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URBAN RABBITs est le nom du spectacle de sortie de la 21è promotion du Centre National des Arts du Cirque (CNAC), création collective des étudiants et du metteur en scène Árpád Schilling.
Ce site permet de suivre par fragments le processus de création et la tournée qui suit. Les artistes y publient des textes, photos et vidéos que vous pouvez retrouver en cliquant sur les icônes ci-dessus. Vous pouvez aussi fonctionner par mots-clés, ici à droite.
Cliquez ICI pour voir les dates et lieux de la TOURNÉE 2010
URBAN RABBITs a címe annak az előadásnak, ami a Cirkuszművészetek Nemzeti Központjában (CNAC) készül a 21. végzős osztállyal, kollektív munkaként a diákokkal és Schilling Árpád rendezővel. Ez a weboldal lehetővé teszi, hogy töredékekben követni lehessen a az alkotói folyamatot. A művészek itt szövegeket publikálnak, illetve fotókat és videókat, melyeket a fenti menüből lehet elérni, vagy a jobb oldalon a címkék használatával.
URBANRABBITs is the title of the 21st promotion of Centre National des Arts du Cirque created by the graduating students of the school and the director Árpád Schilling.
URBAN RABBITs en répétitions
Un film de Sophie Tavert issu du filage du 6 novembre
Sophie Tavert filmje a november 6-ai próbáról
Je pense à mon père.
Je pense à ma mère.
Je regarde la porte.
Je regarde mon père.
Je regarde ma mère.
Je pense au monde.
J’y pense de toutes mes forces.
Mais la porte ne s’ouvre pas.
Pourtant, mon corps est limpide, le temps s’écroule, la roue tourne, il y a de l’eau au moulin, des choses à se dire, du réel à creuser et le temps de ce creusement, la sensation d’aimer et la secousse de l’amour: le paysage tremblé, l’homme libéré, l’écume de l’être à nu, un cloporte.
La clé est sous la porte.
L’homme à barbe est pourtant un homme mort. Traqué par ses compagnons de chasse, chassé par ses prédateurs, harcelé par les femelles en rut, il vit une vie de tous les dangers, chaque instant est périlleux -son existence ne tient qu’à un poil- parfois on le rase de nuit, à son insu, sans lui faire mal.
Tous les hommes à barbe ne sont pas des superhéros ni des hommes de pouvoir. Il existe, l’homme viril et fragile, qui se tient là, barbu dans l’existence, tendre comme un roseau, profond comme un buisson d’amour.
Donc, j’étais sur le chemin. J’étais parti. J’avais choisi de partir sur ce chemin-là car je cherchais une femme. Une femme idéale, pas fade, aux yeux opalins.
Maintenant que j’étais en route, je doutais. Avais-je pris suffisamment d’eau, pour ne pas avoir soif? Les objets que j’avais fourrés en hâte dans mon sac me seraient-ils utiles? Et mon histoire? A quoi allait-elle ressembler? A n’importe quelle autre histoire?
Je suis un guerrier. Un guerrier en quête d’amour.
La femme dont je rêve existe, j’en ai rêvé.
Si j’ai la force de la trouver, et je l’aurai, je l’épouse. Si elle n’est pas d’accord, pour une raison ou pour une autre, je l’épouse. Si je suis trop fatigué pour lui faire l’amour, je m’endors sur son sein, comme un héros grec.
Mais d’abord: le chemin. Ensuite, la femme.
Créer un monde
Créer un monde, même amputé, créer un monde ensemble, même amputé, créer un monde qui tient sur une seule jambe.
Alors il faut un verre doseur, en verre, une dose d’humour et de sucre. Mettre aussi de la voltige, du vertige, des ailes de papillon, des regards tendres, de la douceur, des bonbons, des choses sucrées et aussi des choses qui sentent bon. Mettre un homme nu qui tourne, un homme dont les parties génitales se balancent doucement comme un pendule, un homme horloge, un homme qui compte les secondes, qui regarde les heures défiler, qui tourne et ne cesse de tourner et soudain qui s’envole.
Un homme qui n’a pas peur de voler car c’est dans sa nature, un homme qui prend son élan pour créer un monde, même amputé, même castré, mais qui se donne tout entier.
